La programmation 2021

Une actualité remarquable

Portée par la passion de Philippe Austruy, la Commanderie de Peyrassol bénéficie aussi de l’expertise de Mathilde Marchand, responsable de la collection, et de la collaboration de Lorenzo Fiaschi, cofondateur de la Galleria Continua. Ensemble, ils imaginent des événements internationaux et étendent le champ d’action artistique de la commanderie.

Exposition Anish Kapoor

Du 22 juin au 30 novembre 2021

Anish Kapoor dévoile une dizaine d’oeuvres présentées pour la première fois.

Cette intervention inédite est réalisée sous le commissariat de Lorenzo Fiaschi, cofondateur de la Galleria Continua.

Ces réalisations viscérales occupent l’espace de manière agressive. Impossibles à ignorer, elles constituent une masse primitive et informe. Cette forme étrange n’est pas assez familière pour être attribuée à une créature. Elle semble une manifestation détachée d’un fantasme, étranger et lointain. Au seuil de la réalité, elle échappe au discernement tout en laissant apparaître un caractère étonnamment humain.

Depuis les années 1980, les peintures dites “saignantes” font partie de l’œuvre d’Anish Kapoor. La transformation de la matière en chair remonte à la Grèce antique, où souvent les sculpteurs répandaient des gouttes de sang sur leurs créations figuratives pour rendre les blessures plus réalistes. Pour cette exposition, le plasticien exerce sa maîtrise du matériau et de la couleur rouge, propre à ses sculptures, à travers une approche différente. En utilisant le silicone, fibre résine, gaze, Anish Kapoor provoque une association puissante et passionnée avec le sang et la chair humaine.

José Yaque (Cuba)

En résidence du 5 mai au 22 juin 2021

Suite logique des invitations à concevoir des œuvres in situ, depuis plusieurs années, l’idée d’une résidence d’artiste flottait dans l’air provençal. Doté d’un étage et d’une terrasse avec vue pastorale, le Cabanon Fenière, un vieux cabanon provençal au milieu des vignes, a été converti en atelier d’artiste baigné de lumière. Le premier locataire est l’artiste cubain José Yaque. Il y a pris ses quartiers début mai pour réaliser une œuvre destinée au “Bistrot de Lou”, l’un des deux restaurants de la Commanderie.

Philippe Austruy et José Yaque se sont rencontrés dans le cadre de la première exposition temporaire de Peyrassol : “Cuba Talks” (octobre 2020 – avril 2021) dans laquelle le plasticien présentait Tumbia Abierta (2020), une oeuvre qui rassemble des bouteilles contenant des échantillons de la flore de son île natale dans une armoire vitrée.

José Yaque est invité à Peyrassol pour concevoir une pièce inédite dans un esprit similaire à celui de Tumbia Abierta. L’artiste reprend le principe de conservation mais recueille cette fois des spécimens de la flore provençale collectés au printemps autour de la Commanderie. Installation et peinture monumentale, Maduración est une réflexion poétique et allégorique du temps qui passe. Une archive en cours de transformation qui sublime la transmutation des éléments naturels.

Les nouvelles œuvres qui rejoignent la Collection Philippe Austruy en 2021

Réalisations in situ, acquisitions… De nouvelles pièces, parfois monumentales, trouvent leur place définitive en 2021 sur les terres de la Commanderie de Peyrassol.

Le damier flottant arc-en-ciel, (2016) de Daniel Buren

ACQUISITION

Cette installation monumentale rejoint Le Cylindre incrustés aux couleurs conçue en 2016 pour Peyrassol. Présentés pour la première fois au Palatin à Rome en 2016, trente-cinq drapeaux colorés portant les bandes de 8,7 cm caractéristiques de l’artiste français, prennent place sur le chemin qui mène aux sous-bois. Le vent anime les bannières, baignant la Commanderie d’une même vibration qui parcourt la nature, les bâtiments, les hommes et le paysage.

Arborexence (2021) de Loris Cecchini

RÉALISATION IN SITU

L’artiste italien a été invité par Philippe Austruy à concevoir une installation permanente à l’angle de la cave, sous la salle de réception, visible depuis les chemins et les vignes de Peyrassol. Entre poésie du vivant et production industrielle, cette structure organique, composée d’une ramification de modules en acier inoxydable, se propage en harmonie sur une architecture comme une nouvelle nature.

Wallwave vibration (Asynchronous emotion) (2012) de Loris Cecchini

ACQUISITION

Le comportement des ondes, les vibrations et bien d’autres phénomènes physiques sont à l’origine de cette forme qui apparaît comme un tatouage en relief et monochrome sur la peau du mur. Cette sculpture en mouvement, cette “scar-ification” comme l’appelle l’artiste italien, est présentée dans le restaurant “Chez Jeannette”.

Sulky (2020) de Bertrand Lavier

RÉALISATION IN SITU

Ami de longue date de Philippe Austruy, Bertrand Lavier collabore régulièrement avec Peyrassol. Sulky est une fontaine imaginée pour l’esplanade du centre d’art, à partir d’une machine agricole jadis utilisée à Peyrassol — un semoir de la marque Sulky-Burel. Cette sculpture est la troisième installation de l’artiste à prendre place dans la collection permanente en plein air.

Circle Blue Green (1972-2019) de DeWain Valentine

ACQUISITION

La Collection Philippe Austruy s’enrichit d’une oeuvre de DeWain Valentine, figure phare du minimalisme californien, qui vient compléter l’ensemble de pièces minimales, dont deux oeuvres de Sol LeWitt, faisant partie d’ores et déjà de la Collection. Circulaire et translucide, Circle Blue Green prend place au cœur du musée.

Colonne Coloniale (2021) de Pascale Marthine Tayou

RÉALISATION IN SITU

Première réalisation in situ de l’artiste camerounais, la Colonne Coloniale s’inscrit dans la lignée de ses précédentes « Colonnes », totems constitués de marmites en émail, qui évoquaient aussi les traditions culinaires que les soulèvements populaires. Telle une mosaïque culturelle, la Colonne Coloniale, dans laquelle s’érigent des vases marocains, en appelle à la figure du colon et des histoires croisées.

Colorful Stones (2021) de Pascale Marthine Tayou

ACQUISITION

Son écho à l’histoire de Peyrassol était si fort que son acquisition était une évidence. Il s’agit de pavés colorés uniquement sur une seule facette, comme projetés dans l’air, qui évoquent directement la Révolution, au cours de laquelle la Commanderie de Peyrassol est devenue un domaine privé. Cette oeuvre dialogue naturellement avec la calade, le chemin en pavés qui accueille le visiteur jusqu’au centre de la Commanderie, élément architectural identitaire de Peyrassol.

Dreams are my crocodiles (2020) de Stefan Rinck

ACQUISITION

Tailleur de pierre et assembleur de mythes, le plasticien allemand utilise un répertoire hétérogène de symboles empruntés aux époques antiques et médiévales, aux civilisations préhispaniques ou à la culture populaire. Il puise dans les croyances ancestrales, sonde l’inconscient collectif, juxtapose les images et les géographies pour créer des sculptures hybrides et totémiques d’une vibrante puissance archaïque. Ici, le crocodile, animal puissant et redouté depuis plus de 160 millions d’années, est taillé dans la diabase, une pierre subvolcanique extraite des profondeurs de la terre.

Hole of Wish (2009-2021) de Sislej Xhafa

ACQUISITION

Un cadre en acier oxydé semble être un trou béant dirigé vers l’inconnu. En se plaçant au milieu du mur qui lui fait face, on comprend alors ce que l’oeuvre souhaite nous faire voir : le bâtiment ou le paysage qui s’étend devant lui. Ce cadre devient alors une toile de projection mentale. Le titre, Hole of Wish, est univoque – le cinéma à ciel ouvert, sur lequel se projette l’image que nous souhaitons y voir exister. Un cadre restera toujours une invitation à sauter par-dessus son bord.

Quathlamba II (2020) de Bertrand Lavier

ACQUISITION

Nouvelle pièce majeure de la collection, Quathlamba II fait partie d’une importante série hommage aux motifs de Frank Stella dans les années 60. Constituée de tubes de néon, cette pièce fait référence aux gestes de réappropriation et d’auto-réflexivité développés par les artistes américains dont Frank Stella a été la figure de proue.

Uno specchio rotto (2019) de Michelangelo Pistoletto

ACQUISITION

Composée de huits fragments d’un miroir cassé, réduits à l’état de débris, cette oeuvre récente est le prolongement de Il disegno dello specchio (1981). Trente ans apr_s, l’artiste italien poursuit son travail sur le miroir et sa capacité à refléter les bouleversements du monde. Michelangelo Pistoletto pose un regard intransigeant sur les changements de nos sociétés.

Teenager Teenager (2011) de Sun Yuan et Peng Yu

ACQUISITION

Tout d’abord présentée dans le cadre de l’inauguration de Tenuta Casenuove en Italie, cette création aux dimensions imposantes rejoint aujourd’hui Peyrassol. Installées dans l’accueil du centre d’art, ces trois sculptures hyperréalistes représentent des personnages, habillés par Ferragamo, qui se prélassent dans un fauteuil ou un divan, un rocher en guise de tête.

Untitled (There is No Border Here) (2005-2006) de Shilpa Gupta

ACQUISITION

Image par excellence d’une nation et, par extension, des limites territoriales, le drapeau – réalisé ici au moyen de rubans adhésifs – entre en contradiction avec le texte qu’il déploie. De manière poétique, l’artiste indienne relate l’impossibilité (ou l’absurdité) de découper, morceler, territorialiser un espace, qu’il soit géographique, politique, naturel ou intime.

Pouvoir (2019) de Nari Ward

ACQUISITION

Depuis le début des années 1990, l’artiste jamaïcain s’intéresse aux problématiques soulevées par l’injustice, l’oppression et la violence sociales, en utilisant des matériaux trouvés – objets du quotidien ou rebuts – qui permettent à tout un chacun de trouver un point d’entrée dans l’oeuvre. Humbles, communs et familiers, les lacets de chaussures dessinent ici le mot « pouvoir », entendu aussi bien comme « domination » que comme « capacité ». Le potentiel métaphorique de Pouvoir est une invitation à librement entrecroiser les notions de communauté et solidarité à celui, polysémique, de pouvoir.

Minuto Mil (2019) de Jorge Macchi

ACQUISITION

Régulièrement convoquée dans l’oeuvre de l’artiste argentin, la notion de temps s’invite de nouveau dans Minuto Mil à travers une relecture subtile de notre rapport au temps, dicté par le système horaire sur 24 heures. Par un délicat arrêt sur image, les bougies tout justes éteintes indiquent 16h40, soit la millième minute de la journée, rendant ainsi visible l’écoulement, puis la suspension du temps.