Actualités

Exposition Hyper-Minimal – Gisela Colon à la Commanderie de Peyrassol

Cette année encore, Peyrassol célèbre l’art contemporain et accueille au domaine l’une des artistes les plus renommées de sa génération, la californienne Gisela Colon, pour une exposition en partenariat avec la Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach de Bruxelles.

Hyper-Minimal, l’exposition temporaire de Gisela Colon à Peyrassol

Exposée pour la première fois en Europe et en particulier à Bruxelles, à la Patinoire Royale – Galerie Valérie Bach, Gisela COLON déchire le grand voile blanc de l’art contemporain avec des oeuvres qui, disons-le clairement, relèvent du « jamais vu ». Ces extraordinaires formes bombées que prennent ses tableaux, faits de plexi thermo-moulés, relèvent de l’anticipation futuriste, jouant de leur iridescence, c’est-à-dire de leurs infinies variations de lumières et de couleurs en fonction de l’angle de vue, qui ravissent l’oeil autant qu’elles bousculent toutes nos certitudes.

gisela colon avec un de ses pods à l'exposition hyper minimal de Peyrassol

Du croisement entre le minimalisme californien et l’art cinétique des années 60 est né toute la géniale production de Gisela Colon qui vit et travaille à Los Angeles. Ses oeuvres font intervenir le spectateur ; par ce biais, elle fait citation de l’art optico-cinétique des mêmes années 60, directement inspirée de Carlos Cruz Diez (auquel la Patinoire consacre concomitamment une grande rétrospective, en raison de cette proximité avec son oeuvre, précisément, et dont elle revendique l’héritage), Horacio Garcia Rossi, Gregorio Vardanega, Karl Gerstner, Antonio Asis, Rafael Soto ou Julio Le Parc.

Par son mouvement corporel devant l’oeuvre, le sujet regardant modifie l’objet regardé ; de cette dialectique entre sujet et objet naît la notion d’oeuvre participative, le spectateur devenant acteur de l’oeuvre d’art. Sa position modifie et subjective la perception ambiguë et individuelle, personnalisée, qu’il a de l’objet. Le mouvement, qui est aussi le temps du mouvement, modifie sa vision: il s’agit bien ici d’art cinético – optique, introduisant dans l’art la quatrième dimension, celle du Temps. Toute l’originalité de l’oeuvre de Gisela Colon résulte de cette synthèse entre minimalisme et art optique que l’on peut dès lors qualifier de « kinesthétique ».

hyper minimal, l'exposition temporaire de gisela colon à peyrassol

Gisela Colon, des oeuvres fascinantes et mystérieuses

Ces cellules essentiellement murales possèdent en elles une vie, une forme d’organique capacité de mutation, comme une promesse d’avenir, à l’image de cellules, de plasma placentaires, d’oeufs cosmiques, très attirants et fortement inspirants. Fascinantes et mystérieuses, ses oeuvres sont également très apaisantes, renvoyant à d’archétypales formes vitales, allant réveiller en nous, au plus profond de notre inconscient, l’image même d’une vitalité, d’une biologie secrète, très féminine, avec des formes rondes, maternelles, confortables, légèrement indéfinies. Certains y verront des cellules, d’autres des matrices, d’autres encore des yeux, … toutes ces rondeurs caressent nos rétines dans un flou chromatique extrêmement séduisant et particulièrement interpelant, qui n’élude pas la poésie, la fantaisie et le rêve.

Ces toutes récentes créations de « monolithes » statiques ouvrent une nouvelle dimension encore dans son travail, organisé autour du thème du genre, puisque ces « menhirs », faits des mêmes matériaux, des mêmes techniques que ses pods, renvoient immédiatement aux formes phalliques de la plus lointaine préhistoire. Si d’une part ses cellules parlaient d’une féminité enfouie, ses monolithes tout aussi iridescents, sont quant à eux des allusions assumées et manifestes aux puissances créatrices viriles, dont émane une énergie vitale. D’une certaine manière, ses deux productions sont intimement liées puisqu’elles utilisent la lumière et la couleur pour réduire la fracture entre les deux genres. L’universalité de la perception visuelle unifie ici les formes pourtant définies sexuellement, comme un puissant liant faisant s’évaporer les frontières.

Toute l’oeuvre de Gisela Colon est traversée par ces questionnements tellement humains et contemporains, autour de la nature, de sa perception, de la sexualité et de la vie, qui sont, en somme, une seule et même chose.

Ces formes pures et ces couleurs célestes, empruntées à l’arc-en-ciel, sont des projections philosophiques d’une pensée dont la seule finalité est de répondre à elle-même, désincarnée de toute fonction, amenant la perception pure à être sa propre justification.

hyper minimal, l'exposition temporaire de gisela colon à peyrassol

Hyper-minimal : un questionnement perpétuel entre passé primitif et énergie présente

Mais il serait réducteur de considérer les oeuvres de Gisela Colon comme une simple manifestation d’un état de la perception, comme une phénoménologie matérialiste à des fins d’émerveillement ou de satisfaction esthétique. Il s’agit, bien au-delà, d’y déceler les arcanes de la vie, et d’interroger la mystérieuse énergie créative du Big Bang, qui ne se résume ici plus qu’à de la lumière, dans une explosion primitive de couleurs.

Par cette exposition Gisela Colon affirme son statut d’artiste démiurge, à l’instar de Râ, ce dieu égyptien dont la lumière assure le cycle de la vie. Quelle plus belle référence peut-on donner à un artiste que celle du dieu créateur de la première civilisation ?

Informations pratiques

LA COMMANDERIE DE PEYRASSOL
RN7 – 83340 Flassans-sur-Issole

DUREE DE L’EXPOSITION
Du 20 juin au 19 septembre 2019

INFORMATIONS
+33(0)4 94 69 71 02
contact@peyrassol.com
Visuels et documentations disponibles sur demande : s.theuriau@vignobles-austruy.com

HORAIRES
Tous les jours de 10h à 18h

Laisser un commentaire